Le choix des fleurs

L’un des plus jolis effets obtenus par le séchage des fleurs est de voir leurs couleurs pâlir lentement. Séchées, de nombreuses variétés finissent par prendre un air de tapisserie ancienne extrêmement agréable à l’œil. Les tons se fondent parfaitement avec la décoration de nombreuses pièces, ce qui fait que vous n’êtes jamais lassé comme vous risqueriez de l’être si vous utilisiez des tons plus crus et plus tape-à-l’œil.

Cependant, ne disposez pas vos compositions sur le rebord d’une fenêtre ou sous la lumière du jour, les couleurs commenceraient aussitôt à s’affadir.

Avant de choisir vos couleurs, vous devez d’abord vous poser deux ou trois questions très importantes. Où allez-vous mettre votre création? Quelles couleurs se marieront le mieux avec la décoration de la pièce choisie? S’agit-il de mettre en valeur les porcelaines de votre buffet? Les couleurs s’accorderont-elles avec la forme et le volume de la composition que vous avez en tête?

Le rapprochement des couleurs

C’est un principe fondamental : il vaut mieux préférer rapprocher les couleurs par affinités que les éparpiller. Vous remarquerez que les compositions de cet ouvrage jouent beaucoup sur l’impact que donnent des têtes de fleurs groupées de manière à accentuer l’expression de la couleur.

Il y a deux avantages. Le séchage ayant pour conséquence de rapetisser les fleurs et de leur faire perdre de leur éclat, « ramasser » les coloris en renforce l’impact et brise la monotonie.

Quand vous utilisez plusieurs couleurs à la fois, prenez soin, comme dans de les choisir parmi celles qui ont les mêmes valeurs de luminosité et de vibration.

Si vous placez une couleur très brillante — un rouge — près d’autres plus ternes, vous remarquerez que le rouge capte toute l’attention et déséquilibre l’ensemble. La roue de fleurs montre les contrastes et la gradation des tons dans le spectre traditionnellement utilisé par les artistes.

L’influence des couleurs

D’innombrables ouvrages ont été consacrés à la théorie et à la science des couleurs, y compris à leur influence psychologique. Certains tons — rouges, roses, jaunes et orange — sont naturellement chauds, d’autres sont froids — les bleus, mauves, bleu-vert.

Les contrastes — rouge et vert, par exemple — sont beaucoup plus dissonants que ceux que l’on remarque sur les couleurs aux valeurs proches de la roue de fleurs. Vous devez en tenir compte quand vous imaginez une composition.

Vous remarquerez également que la juxtaposition des couleurs affecte la vision que l’on a de chacune d’elles. Un bleu près d’un blanc est très différent d’un bleu à côté d’un vert. Dans le premier cas, il est plus lumineux, dans le second, il s’atténue.

Introduire du blanc dans une composition a pour effet de la rafraîchir et de désunir quelque peu l’unité de la forme. L’œil perd de vue l’ensemble. Introduire du blanc ou du vert est d’ailleurs un moyen presque radical de redonner un coup de jeune à une composition.

Essayez d’oublier tout ce que vous avez entendu dire sur l’incompatibilité de certaines couleurs. On obtient souvent les meilleurs effets en utilisant des combinaisons inhabituelles.